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Ce roman est mon grand regret de cette sélection car je suis passé à côté. La rencontre ne s'est pas faite et je m'y suis ennuyé. Cependant je pense essayer de m'y remettre dans quelques temps car il fait partie de ceux que je me faisait une joie de découvrir. Sans doute l'ayant lu après Les Neiges du Temps il aura subi mon désarroi et ma frustration.

Cœur

Que dire de ce premier roman bluffant en tout point. J'ai longtemps été habitée par l'ambiance de ce roman, par tout ce que les mots, le style de l'auteur, les personnages bousculent et donnent à réfléchir. Une de ces histoires qui vous prennent aux tripes. Il s'agit là d'un roman ambitieux car il est assez difficile de se sortir d'une intrigue si subtile, d'un tel emprisonnement avec une telle maestria, une telle cohérence entre les différentes histoires de chacun des personnages. Tous ont une consistance, une chair. C'est comme si on les voyait évoluer devant nous. Comme si le lecteur était à leur côté dans ce pays où l'on ne sort pas. Ce pays où comme pour Willie : « Ma vie est faite de « et », les uns après les autres, sans d'autre but que de juxtaposer le temps au temps pour arriver au soir ou à quelque chose d'autre dont je ne sais rien. »
Ce pays où « il n'y a que les connards qui s'échouent ici. Ceux qu'ont pas de bol. Ou ceux qui y sont nés » Ou bien ceux qui se créent leur propre prison dans leur tête, alors qu'ils ont peut être tout pour être heureux. Les mystères de l'être humain.
Et pourtant, comme Willie, Doug, Dan; Blanca et les autres, on s'engage dans la quête de la sortie, d'une vie autre, tous poussés par l'instinct de survie, l'espoir.
J'ai hâte de lire le prochain roman d'Estelle Nollet prévu d'ici la fin de l'année, hâte de savoir si son talent va s'épanouir encore. Une jeune et sympathique auteur à suivre absolument.

Dédale

J'ai été dérouté par le début du roman, notamment à cause du grand nombre de personnages insignifiants dont les noms sont balancés aux yeux du lecteur. Vers le milieu du livre, il a fallu faire le tri.
Si les atmosphères, les ambiances et les couleurs sont changeantes, j'ai parfois trouvé que le caractère des personnages principaux manquait un peu d'inconstance. Certain personnage paraît ainsi un peu trop gentil…
Pourtant, j'ai plutôt aimé ce roman, peut être parce qu'il fait référence aux rites ou mythes de purification (sans forcément qu'on sache exactement lesquels) ; mais il m'a moins enthousiasmé que d'autres livres de la sélection.

Joël

Étrange titre qui ne peut que piquer notre curiosité de lecteur. Ce qui m’a frappée dans ce roman, c’est son style puissant et son climat étrange et inquiétant. On se croirait dans un épisode de la quatrième dimension, dans cette atmosphère indéfinissable, tranquille, où l’on sent qu’il faut se méfier de l’eau qui dort… On a l’impression aussi de se retrouver errant dans une petite ville du sud des États-Unis chère à un Faulkner, un Goyen ou un Caldwell. Merveilleuse idée que ce décor de no man’s land abandonné au milieu de nulle part, sans église ni école mais avec un bar où l’on boit pour oublier qu’il n’y a aucun avenir. L’imaginaire puissant de l’auteur et son évocation de personnages déchus et flamboyants, « d'innocents magnifiques » font aussi penser à celui de certains américains contemporains tels Russel Banks ou Cormack McCarthy. C’est en réalité un très beau roman allégorique qui parle de l'existence et du libre arbitre, des choix que nous sommes tous amenés à faire ou à ne pas faire : bref, un roman qui finalement nous concerne tous. Un premier roman d’une grande humanité, soutenu par une écriture parfois crue, très imagée, nourrie de formules qui font mouche. Une belle plume, à suivre…

Sandrine

Voilà un ouvrage ma foi bien étonnant (mais Laurence nous avait prévenus). Un postulat intrigant, avec cet enfermement dans une cité désolée, une enquête menée par un des membres dont on sent qu'il n'est pas le gendre idéal, une folie collective qui trouve sa source dans la boisson et la claustration. Bref, Estelle Nollet met en place tous les ingrédients d'un roman efficace et prenant. S'ajoute à cela le mystère du titre, et on sent qu'on plonge dans un univers insolite. Alors, pourquoi n'est-ce finalement pas mon titre préféré de cette année (de peu, je dois bien l'avouer) ? À cause de la fin de l'intrigue, qui m'a laissé sur ma faim. Autant la fuite et l'opposition des deux camps est un élément qui donne un coup de fouet bienvenu à l'intrigue, autant l'issue finale est un poil décevante. Trop propre, trop jolie par rapport à tout ce qui a été raconté auparavant. Mais hormis cette petite retenue, On ne boit pas les rats-kangourous est un fichtrement bon roman !

Yohan

Ces critiques ont été mises en ligne le 03/06/10 après l'annonce des résultats du Prix Biblioblog 2010 - Retour au billet