Chronique d'une mort annoncée - Gabriel Garcia Marquez
Par Laurence le dimanche 20 août 2006, 09h28 - Littérature d'Amérique du Sud - Lien permanent
Ce matin-là, quand la ville se réveille d'une noce bien arrosée, tous les habitants savent que les frères Vicario ont décidé de tuer Santiago Nasar.
Tout les habitants... sauf le principal concerné.
Des années plus tard, son ami essaie de retracer les quelques heures qui ont précédé le meurtre. Pourquoi personne n'a averti Santiago? Quelles coïncidences malencontreuses ont permis ce qui aurait si facilement pu être évité?
À travers les bribes de souvenirs des différents témoins, on comprend comment le drame s'est noué.
Gabriel Garcia Marquez a écrit ici une tragédie du vingtième siècle : quand le rideau s'ouvre, tout est déjà joué. Les acteurs sont en place et jouent leurs partitions sans pouvoir infléchir sur le destin. Quoique fasse le héros, ou ses accolytes, il devra affronter sa destinée avant le point final du récit.
En plus d'une étude de moeurs caustique, Gabriel Garcia Marquez peint avec talent les paysages et les coutumes de chez lui.
J'ai voyagé d'un océan à l'autre, le temps de quelques pages.
Lire aussi les avis d'Essel et Frisette
Du même auteur : Mémoire de mes putains tristes, L'amour au temps du choléra
Extrait :
La plupart de ceux qui se trouvaient au port savaient qu'on allait tuer Santiago Nasar. Don Lazaro Aponte, colonel de l'académie militaire en retraite et maire du village depuis onze ans, l'avait salué d'une signe des doigts. "J'avais toutes mes raison de croire qu'il ne courait plus aucun risque", me dit-il. Le père Amador ne s'en était pas préoccupé d'avantage. "Quand je l'ai vu sain et sauf, j'ai pensé que tout cela n'avait été qu'une turlupinade." Personne ne s'était demandé si Santiago Nasar était prévenu, car le contraire paraissait à tous impossible.

Éditions Le Livre de Poche - 116 pages


Commentaires
Là, c'est certain. Je me suis tellement ennuyée sur "L'amour au temps du choléra" et sur "Cents ans de solitude" que je ne suis vraiment pas prête pour tenter une nouvelle expérience avec G.G.M.
Tiens, je viens juste de l'acheter!
Je voulais acheter "l'amour au temps du choléra", mais il n'était plus en rayon... même si ma PAL détient déjà 100 ans de solitude... depuis bien 100 ans
Dda > "Chronique d'une mort annoncée" est un petit livre qui se lit assez vite.
Valériane > J'ai moi aussi "100 ans de solitude" sur mes étagères depuis... très longtemps. Mais c'est un grand format à la couverture-tissus peu engageante. Du coup, je me suis d'abord procuré deux autres romans de Garcia Marquez pour savoir si j'allais ou pas me décider à le lire. :D
C'est gentil à toi, mais sans façon
100 ans de solitude, je l'ai en version poche, chez Point.
C'est vrai que c'est une petite briquette...
Bizarre que parfois on a peur de s'engager dans l'inconnu avec un "gros morceau"...
Le lvire est plate...lol
Bon, j'avoue, moi aussi j'ai eu du mal avec "Cien anos de soledad", mais "Cronica de una muerte anunciada", c'est vraiment autre chose : GGM a vraiment gagné à faire court.
Gagné en force, en émotion, en tragique. Et l'on se régale en effet à découvrir les traits de cette culture qui ne nous est pas si étrangère que cela...
J'en avais tellement entendu parler de ce livre, que quand je l'ai lu...
Je me suis énormément ennuyée. Au fait, je ne comprends pas, je crois que c'es ça. Pourquoi faire une chronique lorsqu'on sait d'avance qui est le coupable?
(Ah, je me trompe peut-être, ce n'est pas un polar... Whoops, my bad! :") )
J'ai beaucoup aimé ce livre, car en quelque sorte c'est le prolongement de 100 ans de solitude (on y retrouve des personnages comme le general) et ayant lu 100 ans de solitude qui m'a fasciné par son ton mystique et magique, chronique d'une mort annoncée n'a fait qu'accentuer mon envie de devorer tout les livres de gabriel garcia marquez
Gabriel est un styliste, en fait dans "cronica de una muerte anunciada" il joue completement sur cette question de la distinée. Et lorsqu'au départ on sait que santiago va se faire tuer ca rend le roman d'autant plus interessant. Il nous laisse découvrir pourquoi et comment il va être tué. On reste dans le mystère de cette fatalité que Marquez sait écrire avec suspens.
je trouve ce livre vraiment bien , on est directement plongé dans l' histoire et il se lit vraiment vite je le conseil vivement au gens !!
Bonjour Laurie
merci d'avoir ravivé ce billet dans ma mémoire... Je m'aperçois que j'ai oublié de répondre à tous ceux qui m'avaient laissé des messages, j'en profite donc pour les remercier de leur témoignages.
Je viens de découvrir la lettre deGarcia Marquez à ses amis(avec de très belles images de Paris).Je recommande à tous les étudiants de la lire:elle est riche d'enseignement......Une Grand'mère.
Ce qui est interessant dans "Chronique d'une mort annoncée", c'est cette population sud americaine d'origine arabe,immigrée depuis le debut du 20 eme et completement integrée depuis , et que marquez est l'un des rares à la mettre au "grand jour"
beaucoup de symboles et de clins d'oeils etonnants : la mise en scene du meurtre: santiago Nasar etait tout habillé de blanc, couleur symbole de l'arabie pré islamique ( le symbole de l'islam est devenu par la suite le vert, le blanc caractérisant la tenue des combattants ).
Il etait assasiné au milieu d'une arene, sur une terre battue, exactement comme à la tauromachie. ce sport etait à l'origine crée par les espagnol du nord ( basques et catalans ), en préparant la reconquete de l'espagne, ils s'entrainaient sur des tetes d'arabes en cire, bien apres la chute de grenade, la tete de Maure a été remplacée par un taureau, et toute la mise en scene ;de l'entrée du taureau fou furieu sur l'arene jusqu'a sa mise à mort, est une metaphore de de la victoire des espagnols ( le torrero ) sur les arabes ( le taurau ).
Sauf que dans ce livre de Marquez, les assasins n'avaient rien de l'elegance et de la grace d'un torrero, deux pauvres bougres débiles qui ont sauvagement assasiné un beau prince vetu de blanc..avec un couteau à decouper des cochons!!
On dirait le contraire de la symbolique d'une scène de Tauromachie.
C'est des ignards qui assasinent une belle culture on dirait...
Enfin, la fatalité: c'est incontestablement l'une des composantes les plus importantes de la culture arabe et qui est la rame de fond du livre.
S'il vous plaît, pourriez-vous m'indiquer ôù je pourrais trouver sur le web, la lettre à mes amis de
gabriel Garcia Marques?
Merci à l'avance
Louise
Bonjour Louise,
j'ai retrouvé une page où cette lettre est publiée. Mais rien ne permet de certifier qu'elle soit effectivement de l'auteur. Voici le lien