La souris bleue - Kate Atkinson
Par Laurence le mardi 14 août 2007, 07h48 - Littérature anglo-saxonne - Lien permanent
Les clients ne se bousculent pas chez le détective privé Jakson Brodie. Entre la filature d'une hôtesse de l'air et la recherche des chats égarés de Madame Binky Rain, il a tout le temps de s'inquiéter de ce que deviendra sa jeune fille Marlee.
Mais voilà qu'en moins de 24 heures, de nouveaux clients réclament ses services : les sœurs Julia et Amélia désirent qu'il retrouve leur sœur disparue 34 ans auparavant; Théo Wyre veut connaître l'assassin de sa fille morte il y a dix ans; et puis, il y a une troisième meurtre dont on ne comprend pas très bien ce qui le relie aux autres...
Il ne s'agit pas vraiment d'un roman policier, mais d'une étude de caractères. Kate Atkinson avance lentement et ne cesse de faire des retours en arrière. Chaque protagoniste est soigneusement étudié : par l'intermédiaire d'une focalisation omnisciente, elle suit, non sans un certain humour, les gestes et pensée de tous les acteurs de cette histoire gigogne.
Kate Atkinson affectionne les parenthèses.
Chaque chapitre est prétexte à laisser libre cours aux divagations de ses personnages et l'on est parfois bien éloigné du nœud de l'intrigue. J'avais l'impression d'entendre ces histoires de fin de repas familiaux, quand le narrateur a parfois oublié le sujet de son récit. Mais ce sont les parenthèses au sens propre qui m'ont le plus gênée : Kate Atkinson construit des phrases à tiroirs, pleines de tirets et de propositions en tous genres. Ce style m'a paru souvent lourd et laborieux.
En tout cas, je n'ai pas réussi à en faire pleinement abstraction et m'a lecture s'en est trouvée pénalisée.
Quant à l'intrigue, elle ressemble, comme il fallait s'y attendre, au style : une multitude d'histoires et de destins entremêlées. Certaines de ces histoires sont très émouvantes, d'autres trop prévisibles.
Je n'ai donc pas été transportée par ce roman.
Voir aussi les avis de Solenn, Jules, Clochette et Gachucha
Extrait :
Il s'était garé à l'ombre mais le soleil était monté d'un cran dans le ciel et la température à l'intérieur de la voiture devenait insupportable. Elle s'appelait Nicola Spencer, elle avait vingt-neuf ans et elle vivait dans un ghetto propret de maisons en brique. Les maisons et les rues paraissaient toutes identiques à Jackson, un moment d'inattention et il se retrouvait prisonnier d'un triangle des Bermudes de pelouses identiques. Jackson avait un préjugé quasi irrationnel contre les lotissements. Ce préjugé n'était pas sans rapport avec son ex-épouse et son défunt mariage. C'était Josie qui avait voulu une maison dans un lotissement neuf. Josie qui avait été une des premières à signer pour vivre à Cambourne, une "communauté" à la Disney sise aux portes de Cambridge avec son terrain de cricket sur la "traditionnelle" place du village, son "terrain de jeu à thème romain". C'était Josie qui les avait fait emménager quand la rue "tait encore un chantier et avait insisté pour avoir des meuvles pratiques et modernes, Josie qui avait rejeté les antiquités victoriennes sous prétexte que ça faisait "fouillis", qui avait trouvé que trop de tapis et de rideaux était "étouffant", et pourtant aujourd'hui elle habitait avec David Lastingham le vieux magasin de curiosité de Dickens - une maison du XIX° identique à ses voisines, bourrées jusqu'à la gueule de meuble anciens qu'il avait hérités de ses parents et donc la moindre surface disparaissait sous des draperies et des rideaux. ("Tu es sûre qu'il n'est pas gay?" avait demandé Jackson à Josie, rien que pour l'agacer - le type allait chez une manucure, bon sang de bois -, et elle avait répondu en rien : "Il n'a pas de doutes sur sa virilité, Jackson.")

Éditions Livre de Poche - 412 pages


Commentaires
J'aime beaucoup Kate Atkinson mais c'est vrai qu'elle laissent ses personnages divagués un peu trop et on est souvent un peu perdu. J'ai retrouvé ce caractèristique dans presques tous ses livres.
Voilà qui va me faire hésiter à tenter un autre de ses romans...
Laurence, celui-là est un de ces romans "policiers", mais elle a aussi fais des "sagas familiales", je préfère ce deuxième genre. Je te conseillerais donc Dans les Replis du temps ou Dans les coulisses du musée. Mais si tu n'as pas été convaincu pas ce premier livre....
J'avais bien aimé ce livre. Même si, c'est comment dire un peu confus, aussi bien dans mon souvenir que l'écriture. Mais, je ne l'ai pas lâché, je voulais savoir qui et pourquoi (d'ailleurs, j'ai oublié depuis) mais je le relirai. Et puis les titres "Les choses s'arrangent mais ça ne va pas mieux" comme "Dans les coulisses du musée" ou "Dans les replis du temps" me tentent bien...alors !
"C'est pas la fin du monde", est un recueil de nouvelles, peut-être te plaira t-il plus ou pas ?
Hors sujet
Je suis revenue de Nantes...
Je lis le retard accumulé ces quelques jours. Pfiouff, j'ai honte. J'ai pris avec moi des livres et je n'ai rien lu du tout, mais tu as lu pour moi, Laurence.
Fin du hors sujet
Google, je crois que j'ai tellement d'autres lectures en perspectives que les autres romans de Atkinson ne seront pas une priorité dans les mois à venir
Hors sujet
oui, j'ai lu pour toi, c'est certain... je vous réserve quelques surprise pour les jours à venir...
Fin du Hors sujet
J'ai bien aimé ce titre, ainsi que "Les choses s'arrangent...". En revanche, impossible d'aller au-delà des premiers chapitres de "Sous l'aile du bizarre", je n'y comprends rien !
moi j'adore ; c'est vrai que c'est fouillis mai ça fait partie de la magie