La peur - Gabriel Chevallier
Par Laurence le mardi 11 novembre 2008, 08h02 - Romans historiques - Lien permanent
Aujourd'hui, nous sommes le 11 novembre 2008. Cela fait 90 ans que l'armistice de la Première Guerre mondiale a été signé. Moins d'un siècle et pourtant une éternité. En quelques années, la distance s'est démultipliée car les témoins directs ne sont malheureusement plus là pour témoigner. Je me souviens, enfant, des après-midi passées avec mon arrière-grand-père, qui me parlait de "sa" guerre, celle qui lui avait coûté une jambe. Mon arrière-grand-père n'est plus, mais il nous a laissé un manuscrit où il raconte l'horreur des tranchées. Pourquoi je vous dis tout ça aujourd'hui ? Parce qu'en lisant La peur de Gabriel Chevallier ( ré-édité ce mois-ci aux éditions du Dilettante ), j'ai retrouvé la guerre dont me parlait mon arrière-grand-père : la cruauté, l'absurdité, la terreur...
La peur est paru pour la première fois en 1930 et a provoqué la colère de l'armée de métier. Ce n'est pas vraiment un roman d'ailleurs, mais bien une autobiographie ( même si Gabriel Chevallier donne un autre nom - Jean Dartemont - à son narrateur ) : Gabriel Chevallier a été enrôlé en 1914, dès les premières semaines de conflit, et il ne sera rendu à la vie civile que le jour de l'armistice. 4 années de guerre, 4 années de peur, 4 années de non-sens.
Quand on pense aux romans français traitant de cette période et parus dans les années suivantes, le premier titre qui vient à l'esprit est souvent Les Croix de bois de Roland Dorgeles. Or, malgré toutes les qualités du roman de Dorgeles, La Peur est un récit bien plus édifiant et bien plus marquant. Sans doute parce que Gabriel Chevallier n'a pas voulu "créer d'histoire"; il n'y a pas ici des personnages-héros auxquels on s'attacherait ; pas de moment de répit; pas de calcul dans l'intensité dramatique. Gabriel Chevallier nous livre son parcours de la façon la plus brute et la plus simple qui soit.
Tout commence évidemment, ce jour d'août 1914 quand la population française apprend que la guerre est déclarée. Paradoxalement, cela déclenche des mouvements de liesse parmi la population : les français vont enfin pouvoir montrer de quoi ils sont capables. Tout le monde est un peu envieux de ces jeunes hommes qui partent pour le front et deviendront des héros : Les vieux messieurs regrettent leur jeunesse, les enfants détestent la leur, et les femmes gémissent de n'être que femmes. Le narrateur quant à lui est simplement curieux de voir comment tout cela va se dérouler. Après quelques semaines d'instruction, Jean Dartemont part au front. Et très vite, Gabriel Chevallier entre dans le vif du sujet.
Jamais un roman n'aura raconté la guerre des tranchées avec tant de détails, tant de précision, parfois à la limite du soutenable : l'odeur des corps en décomposition, les cris, l'absurdité des ordres, les missions suicides ordonnées par des officiers à l'abri... Gabriel Chevallier n'a pas voulu faire ici de la littérature mais simplement décrire ce qu'il a vu. Et l'on est saisi par le cauchemar, par les destins tragiques de ses soldats, condamnés chaque jour/nuit à tirer sur un ennemi invisible, à combattre pour quelques mètres de terrain reperdus quelques heures plus tard. Cet éternellement recommencement, cette lutte aveugle est insupportable. Au départ, le narrateur s'appuie sur sa raison. Elle est, lui semble-t-il, le seul moyen de résister à la peur, de ne pas devenir totalement fou. Mais très vite, il comprend que réfléchir est pire que tout. Pour supporter ce qu'ils endurent, les soldats doivent oublier et devenir des animaux. Obéir, dormir, manger, survivre. Ce qui est particulièrement marquant dans ce récit, c'est que Gabriel Chevallier met définitivement à mal l'image du Héros. Il n'y a pas eu de héros pendant cette guerre. Les soldats avaient peur, une peur dévorante, omniprésente. Alors, quand ils étaient sur le front, ils s'occupaient surtout de rester en vie. Pas d'actes de bravoure, pas de patriotisme quand cela fait trois semaines que vous êtes sous les tirs des obus. Peu importe que l'on soit français ou allemand, et certains soldats auraient tué avec plus de plaisir leur officier que cet ennemi invisible de l'autre côté de la ligne.
Car tout au long du récit, Gabriel Chevallier est d'une extrême virulence avec l'institution militaire. Il montre et démontre, sans cesse, la médiocrité et l'incompétence de certains officiers. C'est d'ailleurs cette charge phénoménale qui a fait scandale lors de sa parution. Certes, d'autres romans avaient évoqué l'horreur des tranchées ( je faisais référence tout à l'heure aux Croix de bois ) mais aucun encore n'avait dénoncé avec tant de violence les dysfonctionnements militaires, personne n'avait démythifier l'image du soldat héros fier d'avoir combattu pour son pays. Il n'y a pas de héros chez Gabriel Chevallier, mais des hommes terrorisés, accablés devant la loterie des morts et le non-sens de cette guerre. L'auteur explique d'ailleurs très clairement l'incompréhension qui existait entre les gens de l'arrière ( les civils ) et ceux du front : chacun évolue dans un monde si radicalement opposé, que le dialogue est impossible.
Il est rare que je sois aussi définitive, mais vraiment, il FAUT lire La Peur de Gabriel Chevallier. D'abord parce que je ne pourrai pas tout vous dire dans ce billet et que tout ce que je tais est aussi important que ce que j'en ai dit. Ensuite parce que ce que 90 ans après la signature de l'armistice, l'oubli gagne de plus en plus de terrain. Enfin, parce le propos de ce récit ne se limite pas à la guerre de 14-18, mais englobe tous les conflits passés et à venir.
Aujourd'hui, nous sommes le 11 novembre 2008. Cela fait 90 ans que l'armistice de la Première Guerre mondiale a été signé. Nos arrière-grand-pères ne sont plus là pour témoigner, mais souhaitons que nos enfants n'aient jamais à vivre pareille horreur.
Laurence
Extraits :
- Ne croyez-vous pas, Dartemont que ce sentiment de peur dont vous parliez hier a contribué à vous faire perdre tout idéal ?
- Ce terme de peur vous a choquée. Il ne figure pas dans l'histoire de France - et n'y figurera pas. Pourtant, je suis sûr maintenant qu'il y aurait sa place, comme dans toutes les histoires. Il me semble que chez moi mes convictions dominent la peur, et non la peur les convictions. Je mourrais très bien, je crois, dans un mouvement de passion. Mais la peur n'est pas honteuse : elle est la répulsion de notre corps, devant ce pour quoi il n'est pas fait. [...]
J'en suis là...
J'ai roulé au fond du gouffre de moi-même, au fond des oubliettes où se cache le plus secret de l'âme, et c'est un cloaque immonde, une ténèbres gluante. Voilà ce que j'étais sans le savoir, ce que je suis : un type qui a peur, une peur insurmontable, une peur à implorer, qui l'écrase... Il faudrait, pour que je sorte, qu'on me chasse avec des coups. Mais j'accepterais, je crois, de mourir ici pour qu'on ne m'oblige pas à monter les marches... J'ai peur au point de ne plus tenir à la vie.

Éditions Le Dilettante - 350 pages


Commentaires
Ce long billet me donne très envie de lire ce récit témoignage dont je n'avais jamais entendu parler, parce qu'il faut toujours se méfier de l'oubli possible, de l'atténuation d'une réalité insupportable et dérangeante par le temps qui passe. 90 ans c'est beaucoup, et si peu à la fois. Une vie d'homme, à peine. Et la peur n'est-elle pas le sentiment qui fait notre humanité, qui prouve son existence, sa résistance ? Parce que l'homme qui a peur est encore un homme.
FB : la peur est-elle une caractéristique humaine? Voilà un vaste débat... En tout cas, je ne peux que confirmer ce que j'ai déjà dit dans le billet : il faut lire ce roman. J'ai lu hier d'autres critiques sur cet ouvrage. Selon Bernard Pivot "La Peur, de Gabriel Chevallier, est l’un des plus grands livres sur la Première Guerre mondiale." Quant à Jean-Claude Perrier de Livres Hebdo, il parle de chef d'œuvre et d'une réédition plus que juste et nécessaire : salutaire.
J' achève à l'instant la lecture de LA PEUR . Je tiens à remercier ceux qui ont permis cette nouvelle édition. Ce livre mérite sa place dans le dictionnaire de la grande guerre comme le demande Bernard Pivot. Ce livre m 'a remis en mémoire le "Vie et mort des français 1914 1918 , simple histoire de la grande guerre " écrit par 3 normaliens et préfacé par Maurice Genevoix ( Hachette 1959 ). Ils se complètent admirablement .
"La peur" page 185 " : Car il est admis , par une étrange aberration, que la diminution des effectifs prouve le courage de celui qui les commande"
"Le livre "la peur" de Gabriel Chevallier est citée à l' appendice page 491- la guerre et les écrivains- de l'ouvrage des 3 normaliens "Vie et mort des français 14 18" . L appendice donne une liste des romans et rappelle le contexte de l'époque : les chefs intouchables... Il fallut, quelques années après le triomphe ddu livre de Remarque A l'ouest rien de nouveau , pour piquer encore la curiosité : Dix ans plus tard, le futur auteur Clochemerle, Gabriel Chevallier, s'est plu à détruire, dans La peur, les fausses images du combat et du combattant.
L'anthologie des écrivains tués, dont les noms figurent au panthéon en indique 560.
LA PEUR de Gabriel Chevallier m' a renvoyé , comme je vous le disais , à la "simple histoire de la grande guerre , vie et mort des français 14 18" écrit par ces 3 normaliens eux mêmes combattants de la guerre 14 18 . Je viens de le relire à dessein .
La Peur de Gabriel Chevallier est citée en référence 11 fois avec des extraits , aux pages 78, 80, 84, 86, 89, 96, 321, 376, 383, 397 et 434.
Merci de votre attention ,
Lire "la Peur " est un devoir de mémoire ... Merci de votre attention
Bonjour, je viens à l'instant d'avoir sur France-Culture la référence du livre de Gabriel Chevallier que je ne connaissais pas. Je vais le lire dès que possible. Sur ce qui a rendu possible l'abominable 1er conflit mondial, notamment l'esprit de revanche en France après 1871, je vous recommande aussi l'ouvrage de Laurence Turetti (sa thèse de doctorat): " Lorsque la France pleurait les provinces perdues".
Avec mes amitiés.
Thiepval : je me suis permis de réunir vos deux derniers commentaires pour une meilleure lisibilité. En tout cas, je vous remercie de votre intervention, et je suis sûre que les lecteurs de ce site auront compris l'intérêt de se plonger dans "Une simple histoire de la grande guerre". (à croire que vous avez des intérêt dans cet ouvrage
).
ajl1509 : comme vous, je n'avais pas entendu parler de cet ouvrage avant cette année. Je vous le conseille vivement et je note votre référence.
Bonjour,
On fait des découvertes à tout âge. Au printemps prochain , j'aurai 70 ans .J'avais lu "les Croix de Bois" de Dorgelès , "Ceux de quatorze" de Genevoix et , sans doute d'autres ouvrages traitant de cette "boucherie".Malgré tout le respect que j'éprouve pour ces auteurs , il faut quand même reconnaître qu'il était nécessaire de lire , voire de relire entre les lignes pour y trouver l'écoeurement et le dégoût que devrait ressentir tout être humain normalement constitué, à la lecture de telles horeurs.
Mardi dernier , "11 novembre" , comme je le fais de temps à autre , je me suis rendu à Redu (village du livre en Ardenne Belge) et , hasard (mais le hasard existe-t'il ?) , j'ai mis la main sur "La Peur",une ancienne édition.
De Gabriel Chevalier , je ne connaissais que les "Clochemerle"et voilà que je découvre un auteur inconnu.Un peu comme si ce livre n'attendait que moi.
Le malheur , c'est que , par delà la mort , G. Chevalier prêchait à un convaincu.Parmi les jeunes , combien liront ce livre?C'est pourtant eux , qu'aujourdhui encore , on envoie aux quatre coins du monde , défendre une "patrie" qui , la plupart du temps , n'est réellement menacée que par ceux qui la dirigent. Un cercueil , qu'il soit où non enveloppé du drapeau national est toujours un cercueil.
Merci de votre attention.
A Solitaire: je vous envie d'avoir trouvé cette ancienne édition du livre de G. Chevallier 'la Peur". Et vous remercie de votre commentaire. Je crois que nous avons tous le devoir de dénoncer les mystifications, d'où qu'elles viennent!
Bel article-témoignage.
Quant aux mystifications, la plus récente était en bleuet-(gris pour Carla)-coquelicot à Douaumont, le 11 novembre. On gémit sur les erreurs techniques de l'état-major qui, en 1917, auraient poussé au désespoir de la désertion des fusillés qui voulaient seulement avoir une chance de connaître l'an 2000, au temps même où Celui qui gémit s'associe à la préparation d'une guerre étendue à l'est.
Il faut en parler, je l'ai fait à ma manière.
Et le devoir serait de voir, par exemple, Mémoires de nos pères et Lettres d'Iwo Jima de Clint Eastwood.
La Peur ne semble pas disponible actuellement --- en réimpression ? Surveillons.
Bonjour Lou,
tout d'abord merci de votre commentaire.
Par contre, je viens de vérifier et le livre est toujours disponible. Peut-être votre libraire ne l'a pas en stock mais il est facile de le commander. 
Merci Laurence pour ce magnifique billet sur un livre que j'ai lu il y a bien longtemps (15 ans) en livre de poche (une vieille édition, rare !!). J'avais été très impressionnée par le récit de cet auteur qui avait l'habitude d'écrire des romans plutôt joyeux (la série Clochemerle) et où, dans "La peur", il raconté sa frayeur quotidienne de ne jamais revenir de cette guerre. C'est une bonne idée que les éditions "La Dilettante" l'ait ressorti pour les 90 ans. Il faut lire aussi "Le feu" d'Henri Barbusse, écrit dans les mêmes conditions et Goncourt 1917.
Bonjour Nanne et merci de ton très gentil commentaire. Je crois que certains livres nous inspire plus que d'autres. Et c'est vrai qu'en fermant celui-ci j'avais très envie de communiquer ce que j'avais ressenti. Tant mieux si j'y suis parvenue. Je note Le Feu pour une prochaine lecture.
Bonjour,
Frédéric Tarkmanian, auteur.
Je suis un grand admirateur de Gabriel Chevallier, moi aussi.
Nota : Je lui rends hommage dans ma nouvelle lyrique « Pensées et cabotinages, 3 », gratuitement disponible sur mon site :
Venez nombreux me lire en ligne !
Cordialement,
F.T.
Frédéric : je pense que le lien sur votre pseudo est suffisant, c'est pourquoi j'ai supprimé le doublon à l'intérieur du commentaire. Maintenant, sur le fond, je suis allée lire cette "nouvelle lyrique" mais l'ai cherchée vainement. J'ai trouvé des "pensées" éparses, et en lieu et place d'un hommage à Gabriel Chevallier, une assertion facile et sans réel rapport avec l'œuvre de l'auteur. Désolée, je ne suis pas adepte des auto-promotions "rentre dedans"....
Merci pour l'intérêt porté à mes écrits. "Auto-promotion" n'est pas le terme approprié, vu que mes textes ne sont pas édités - hélas ! Je n'exerce pas d'activité commerçante...
Sinon, on peut se tutoyer. Tous les agents du monde artistique devraient se tutoyer. Ce devrait être la règle !
Je constate avec plaisir que la réédition de ce roman de Gabriel Chevallier trouve des échos positifs. La Peur est effectivement un chef d'oeuvre méconnu. Mais à mon avis c'est l'oeuvre entière de Chevallier qui est à redécouvrir (Les Héritiers Euffe, Sainte Colline, etc...) en plus du toujours populaire et toujours aussi truculent "Clochemerle"...
''"en queques jours, la civilisation est anéantie. En quelques jours les CHEFS ont fait faillite. car leur role, le seul important, était justement d'é'viter cela."'
(page 22) je suis en train de lire cette oeuvre et je n'en suis pas à la moitié que je considère cette phrase comme un "résumé", j'ai toujours été de cet avis, cette phrase est une claque magistrale aux Clémenceaux and Co.
J'ai lu moi aussi cet ouvrage. C'est magistral !! Encore un de ces livres qu'il FAUT absolument lire.
Bonjour,
Je découvre le site "biblioblog.fr" via "Google.fr".
Venant de lire "La Peur" de Gabriel CHEVALLIER (livre m'ayant été offert à Noël 2008), je suis bien d'accord avec Laurence. A travers ce livre, je découvre la vie réelle des soldats comme l'ont été des milliers d'hommes dont mon grand-père maternel, blessé gravement en 1915, aux alentours de Verdun et mort à l'hôpital de Dijon.
Un livre à recommander aux élèves des collèges et lycées, même si ça dérange l'Armée.
Livre admirable.
Bonjour Scorpion et bienvenu ici.
Je partage totalement votre point de vue et j'espère effectivement que ce roman trouvera sa place dans les séquences pédagogiques des enseignants.
J'ai justement l'intension de lire ce livre.
Amateur d'ouvrages sur la première et seconde guerres mondiales,en faisant une recherche sur le net,je suis tombé sur Gabriel Chevallier et son oeuvre littéraire
dont La Peur que je me suis empressé d'acheter.
J'avais lu La peur, il y a 15 ans déjà. Militaire et ayant été en Afghanistan deux fois, je savais, je vivais les vérités énoncées par Gabriel Chevallier, 80 ans passées. Plus que jamais, pour toujours, ce livre DOIT être mis à la disposition de toutes et tous. Devoir de mémoire et obligation humaine obligent.
Serge, Québec
Je suis en train de lire "La peur". Il y a tout dans ce livre. L'horreur, l'absurdité, l'incompréhension, la folie (comment ne sont-ils pas tous devenus fous, fous délirants ou fous furieux, ces hommes cantonnés à longueur de mois et d'années dans la peur ?).
L'homme ravalé au rang de chair à canon.
Et puis il y a de temps en temps, des pages plus douces, ou plus doucement amères. Le repos d'une nuit auprès d'une ancienne amie qui toute la nuit, aura "tout juste", miraculeusement. La féminité des infirmières qui pourtant attendent encore de Dartemont et des autres blessés qu'ils les fassent rêver d'héroïsme, de patriotisme, de gloire et de hauts faits. Le père de Dartemont qui ne pense qu'aux galons que son fils n'a pas encore obtenus.
Chaque page de ce livre est un coup de poing. La guerre des tranchées dans toute sa cruauté. L'homme qui se débat, avec ses pauvres moyens. Celui du front mais aussi celui de l'arrière qui ne veut ni voir ni savoir.
Un livre qui ne s'oublie pas.
Merci à tous pour vos témoignages. J'y suis d'autant plus sensible que cette ré-édition est passée assez inaperçue l'an dernier alors qu'il me semble que c'est un livre fondateur sur la première guerre mondiale.
Fortement sensibilisé par la 1ère GM, j'ai lu un grand nombre d'ouvrages traitant cette période. Je viens de terminer ce jour la lecture de "La Peur". Ce livre relate avec une précision quasi inégalée l'absurdité et l'horreur de la guerre dans toute sa "splendeur". Une génération annéantie, une jeunesse sacrifiée pour rien. Ce livre devrait être étudié dans les écoles, afin que la jeunesse n'oublie pas...
Quelqu'un a-t-il mis par écrit l'impact réel de l'ypérite sur les vies des soldats de 14-18 et de leur descendance ?
Camborde : je crains de ne pas avoir de réponse à vous fournir… désolée…
Vous trouverez un tableau très détaillé de l'hyperite dans le roman d'anne marie Garat "dans la main du diable"où elle décrit les effets des premiers gaz moutarde sur des ouvriers de l'armement au moment des essais secrets de ce terrible poison .Sinon en Toxicologie je crois que vous trouverez des notions plus scientifiques
Je viens de finir LA PEUR de Gabriel Chevalier et je recommande vivement sa lecture.
Un homme qui a vécu ce qu'a vécu Chevalier, et qui survivant à toute l'horreur de cette guerre, peut nous apporter ce beau témoignage d'un soldat malgré lui,je trouve cela sans commune mesure. Mon grand père qui a été mobilisé pour les deux guerres mondiales du siècle dernier, s'est peu épanché sur celle de 14/18, je comprend mieux maintenant pourquoi!