Voici l’histoire de cet être d’exception qui nous est contée par un trompettiste qui l’accompagne sur l’Océan pendant cinq ans. Un monologue, d’abord écrit pour le théâtre (quelques didascalies en font foi), mais qui pourrait aussi bien être un court roman. On y apprend les circonstances étranges de la découverte du piano par Novecento. On découvre ses fantaisies et sa philosophie. On le voit en duel avec le roi du jazz. Le tout prétexte pour parler d’amitié, de raison de vivre, de musique… et d’Océan.
J’avais adoré l’Océan Mer de Baricco. Je n’oserais pas dire que ce court récit m’a fait le même effet, mais tout de même, quelle plume ! Ça coule de source, comme une mer à la fois calme et vivifiante. Il fait naître les personnages les plus loufoques et sans leur faire perdre leurs couleurs il arrive à les rendre familiers au point où tout cela semble aller de soi. À découvrir…
Du même auteur : Océan Mer, Soie, City et L'âme de Hegel et les vaches du Winsconsin
Par Catherine
Extrait :
Celui qui est le premier à voir l’Amérique. Sur chaque bateau il y en a un. Et il ne faut pas croire que c’est le hasard, non… ni même une question de bonne vue, c’est le destin, ça. Ces types-là, depuis toujours, dans leur vie, ils avaient cet instant-là d’écrit. Même tout petits, si tu les regardais dans les yeux, en regardant bien, tu la voyais déjà, l’Amérique, elle était là, prête à bondir, à remonter le long des nerfs ou du sang ou je ne sais quoi, et puis, dans ce crie (il crie), L’AMÉRIQUE, elle était déjà là, dans ces yeux, ces yeux d’enfant, déjà là tout entière, l’Amérique.
Là, qui attendait.
Celui qui m’a appris ça, c’est Danny Boodman T.D. Lemon Novecento, le plus grand pianiste qui ait jamais joué sur l’Océan. Dans les yeux des gens, on voit ce qu’ils verront, pas ce qu’ils ont vu. Il disait ça : ce qu’ils verront.

Éditions Folio - 87 pages


Commentaires
c'est marrant, je n'ai jamais lu Océan mer mais je n'ai entendu que des mauvaises critiques jusque là. Alors que Novecento a l'air de faire l'unanimité (d'ailleurs je l'ai lu et j'ai vraiment beaucoup aimé, comme Soie du même auteur!)
J'ai adoré ce petit livre! Il m'a fait forte impression... alors qu'Ocean Mer je n'ai jamais pu le terminer!
Très bel extrait ! C'est noté !
Il me semblait avoir répondu à vos commentaires, et puis zut, j'ai dû rêver...
C'est clair que Novecento et Océan mer sont deux livres très différents. Océan Mer est un livre difficile, très poétique à la limite du surréalisme. Voilà un type de littérature qui me plaît énormément... Mais je ne suis pas du tout étonnée que Novecento fasse plus l'unanimité.
Merci de partager vos impressions!
De Baricco, je n'ai lu que Soie, que j'ai énormément aimé.
Novecento, je connais, mais par le film. Un film très léger et en même temps d'une profondeur impressionnante. Je ne me rappelle plus des acteurs ni du réalisateur, mais je me souviens très bien de la musique d'Ennio Morricone et de quelques passages (notamment ce fameux duel avec le King of Jazz, inoubliable)... A voir. Et moi je vais lire
Dans la production de Baricco, j'ai, bien entendu, comme beaucoup, aimé "Soie" et "Novecento". Mais j'ai envie d'inciter les lecteurs potentiels qui fréquentent ce blog à découvrir d'autres œuvres de cet auteur talentueux : en priorité "Les châteaux de la colère", puis, "Sans sang" ou, comme Catherine, "Océan mer". Plus difficiles peut-être, mais ces romans "virtuoses" vous combleront.
Très bon souvenir de cette lecture. Un très bon livre.